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Le guide du portrait corporate qui ne ressemble pas à une photo d'identité

La photo d'identité a ses vertus. Elle est neutre, efficace, reproductible. Pour un passeport, c'est exactement ce qu'il faut. Pour représenter votre expertise professionnelle auprès de vos clients, c'est à peu près le minimum syndical, et souvent en dessous.

Un portrait corporate qui fait vraiment le travail ne ressemble pas à une photo d'identité. Il ne ressemble pas non plus à une photo de vacances trop recadrée, à un selfie en mode portrait, ou à une photo prise par votre associé avec son téléphone "parce qu'on en avait besoin vite". Il ressemble à quelque chose de construit, avec une intention claire.

Voici comment y arriver, du côté client.

Avant le shooting : la préparation qui change tout

La différence entre une bonne et une mauvaise photo de portrait se joue rarement le jour du shooting. Elle se joue dans les jours qui précèdent.

La tenue d'abord. Portez ce que vous portez réellement dans votre activité professionnelle, pas ce que vous pensez qu'on devrait porter sur une photo professionnelle. Si vous travaillez en col roulé et jean, venez en col roulé et jean. Si vous êtes toujours en costume, venez en costume. La photo doit ressembler à ce que vos clients voient quand ils travaillent avec vous, pas à une version habillée pour l'occasion qu'ils ne reconnaîtront pas.

Évitez les motifs trop chargés, les rayures fines qui vibrent à l'image et les logos visibles. Préférez des matières qui ont de la tenue : le lin froissé et le jersey fin ne sont pas vos amis à l'image. Apportez deux ou trois options, pas pour toutes les utiliser, mais pour avoir le choix sur place en fonction de la lumière et du fond.

Dormez correctement la nuit précédente. Ce conseil a l'air trivial jusqu'au moment où vous comparez deux portraits du même sujet, un avec et un sans nuit blanche. La différence est visible, et aucune retouche ne la corrige entièrement.

Le jour J : ce qui fait la différence

Arrivez avec quelques minutes d'avance, pas pour la ponctualité mais pour décompresser. Les dix premières minutes d'un shooting sont presque toujours les moins bonnes, le temps que la mécanique d'être photographié devienne moins consciente. Arriver stressé et pressé compresse cette phase d'adaptation.

Parlez à votre photographe. Dites-lui ce qui vous préoccupe, ce que vous n'aimez pas dans vos photos habituelles, quel côté de votre personnalité vous voulez voir apparaître. Un bon photographe utilisé cette information. Un photographe qui ne vous pose pas ces questions avant de commencer à cadrer mérite qu'on lui pose la question soi-même.

Sur la posture : les épaules légèrement tournées par rapport à l'objectif, pas en face. Le menton légèrement avancé et vers le bas, pas rentré. Ces deux ajustements, qui semblent contre-intuitifs, aplatissent les angles défavorables et donnent de la structure au visage dans l'image.

Sur l'expression : ne souriez pas "pour la photo". Pensez à quelque chose qui vous amuse réellement, ou à une conversation récente qui s'est bien passée. Le cerveau ne distingue pas bien un vrai sourire d'un faux en production, mais la caméra, si. Un sourire qui démarre par les yeux avant d'arriver aux lèvres, c'est un sourire qui se lit comme authentique.

Ce qui fait qu'une photo est mémorable plutôt que simplement correcte

Un fond blanc ou gris neutre est sécurisant. Il n'interfère pas, ne distrait pas, ne pose pas de problème. Il ne fait aussi rien de particulier pour vous.

Un fond avec de la matière, une texture, un dégradé de lumière, ou une couleur qui entre en dialogue avec votre tenue, commence à créer une ambiance. Une lumière travaillée, pas forcément complexe, mais intentionnelle, sculpte le visage et lui donne du relief plutôt que de simplement l'exposer correctement.

L'environnement peut aussi raconter quelque chose. Si vous êtes architecte, un portrait réalisé dans un espace à l'architecture forte dit quelque chose que le fond gris ne dit pas. Si vous êtes consultant en transformation digitale, un espace industriel où tech dit quelque chose sur votre univers. Ce n'est pas obligatoire, mais c'est une option que beaucoup de gens n'envisagent pas.

Ce qu'on fait de la photo ensuite

Un portrait professionnel n'est pas un fichier qu'on colle sur LinkedIn et qu'on oublie. C'est un actif qui doit être utilisé de façon cohérente sur l'ensemble de vos surfaces de contact : profil LinkedIn, site, propositions commerciales, signature d'email, présentations, bio pour les interventions.

La cohérence entre ces surfaces crée une impression de maîtrise et de professionnalisme qui dépasse largement la qualité individuelle de chaque photo. Avoir une belle photo sur LinkedIn et une photo floue de 2017 sur votre site, c'est comme avoir un bureau immaculé et une boîte mail avec 4 000 mails non lus : le signal contradictoire crée de la méfiancé.

Réfléchissez à l'usage en amont du shooting. Pensez au cadrage en fonction des plateformes, à la place que la photo occupera visuellement dans vos différents contextes. Une photo cadrée très serrée sur le visage pour LinkedIn n'est pas toujours adaptée à l'en-tête d'un site où elle sera affichée en large format.

Un portrait corporate qui ne ressemble pas à une photo d'identité, c'est un portrait qui a été pensé. Et ça commence avant d'entrer dans le studio.

Pour aller plus loin

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Voir aussi : Approche cinématographique du portrait entreprise et le shooting Les Résistants, coaching par la confrontation.

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